Le Club de l’intégrité a convaincu les responsables scolaires de construire des toilettes et des salles de classe supplémentaires

Dans plusieurs localités du Sud-Kivu, l’accès à une éducation de qualité demeure un véritable défi pour des milliers d’enfants. Dans les zones rurales, les élèves étudient souvent dans des conditions difficiles, marquées par le surpeuplement des salles de classe, le manque d’infrastructures sanitaires adéquates et l’insuffisance du matériel pédagogique.

Face à cette réalité, le Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption (CERC), une organisation engagée dans la promotion de l’intégrité et de la bonne gouvernance dans l’est de la RDC, a décidé d’agir en impliquant directement les jeunes dans le contrôle citoyen des projets communautaires.

En octobre 2017, le CERC a lancé une initiative innovante à travers les Clubs de l’intégrité afin d’améliorer les conditions d’éducation au Sud-Kivu. Grâce à ce programme, 54 Clubs de l’intégrité ont été créés et 810 élèves ont été formés comme moniteurs communautaires chargés de veiller à la qualité des infrastructures scolaires et à la bonne utilisation des ressources destinées à l’éducation.

À travers la formation sur le renforcement de l’intégrité communautaire (CIB), ces jeunes observateurs ont acquis des compétences leur permettant d’évaluer les équipements scolaires, de contrôler la disponibilité des infrastructures, d’enquêter auprès des bénéficiaires et de dialoguer avec les autorités scolaires afin de trouver des solutions concrètes aux problèmes identifiés.

L’Institut Itara constitue aujourd’hui un exemple marquant de cette réussite. Depuis février 2018, quinze élèves observateurs formés par le CERC assurent le suivi de leur école. Quelques mois plus tard, ils ont alerté la direction sur l’état alarmant des infrastructures : des salles de classe surchargées, des pupitres détériorés et seulement trois toilettes pour 590 élèves. Cette situation exposait les enfants à de nombreux risques et compromettait sérieusement leur apprentissage.

Déterminés à changer les choses, les moniteurs communautaires ont engagé un dialogue avec la direction de l’école, le comité des parents et les enseignants afin de trouver des solutions rapides et durables.

Leur plaidoyer a rapidement porté ses fruits. La direction de l’établissement s’est engagée à réparer les pupitres endommagés et à lancer la construction de nouvelles salles de classe grâce aux ressources disponibles.

En août 2018, une réunion du groupe de travail sur l’éducation a permis de mobiliser davantage de moyens pour améliorer les infrastructures sanitaires, notamment la construction de toilettes séparées pour les filles. À l’issue de cette concertation, un calendrier des travaux a été adopté.

Quelques mois plus tard, trois nouvelles salles de classe étaient achevées et un bloc de huit latrines modernes entrait en construction.

Aujourd’hui, les élèves de l’Institut Itara bénéficient d’un environnement scolaire plus sain, de salles de classe plus spacieuses et de meilleures conditions d’apprentissage. Cette expérience démontre qu’en impliquant les jeunes dans la gouvernance communautaire, il est possible de transformer durablement les écoles et de promouvoir une éducation de qualité pour tous.

Une nouvelle association de lutte contre la corruption voit le jour en RDC

Nous sommes ravis d’annoncer le lancement d’une organisation à but non lucratif dédiée à la lutte contre la corruption, baptisée « Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption » (CERC), une initiative historique visant à rassembler les citoyens pour lutter contre la corruption en République démocratique du Congo. Le pays est pourtant notoirement corrompu, et il est difficile de savoir exactement comment et où l’aide étrangère est utilisée. Les ressources naturelles de la RDC sont exploitées au profit personnel des politiciens, ce qui maintient les taux de croissance à un niveau inférieur à ce qu’ils pourraient être et étouffe la classe moyenne, qui n’a pas voix au chapitre.

Parmi les principaux donateurs de la RDC figurent les États-Unis d’Amérique, la Chine, le Royaume-Uni et la Belgique, tandis que la Banque mondiale fournit des milliards de dollars au pays pour des programmes de développement des infrastructures. Comment se fait-il alors que, bien que financées ou construites, les infrastructures affichent un taux de défaillance parmi les plus élevés de la région des Grands Lacs ? Bien qu’évidente, la réponse réside dans la corruption, l’opacité des institutions et le manque de réactivité du gouvernement envers ses citoyens. Souvent, l’aide des donateurs au développement étranger est versée à un pays parmi les plus corrompus sans stratégie de prévention !

Les décideurs politiques et les acteurs de la société civile doivent redoubler d’efforts pour améliorer la gouvernance et le programme de lutte contre la corruption en RDC, car la bonne gouvernance est essentielle au développement économique et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Afin de réduire l’incidence de la corruption, il est nécessaire en RDC de mettre en place des institutions de contrôle clés visant à renforcer l’intégrité du parlement, du pouvoir judiciaire, du médiateur, du système des marchés publics et des divers programmes communautaires en matière d’intégrité.

C’est ainsi que le CERC a été créé pour renforcer la capacité des citoyens et des OSC à revendiquer les services comme un droit, marquant un tournant significatif dans les efforts de longue date visant à établir une société où l’intégrité est un principe clé suivi par tous les citoyens.

Notre mission est donc d’améliorer la culture d’intégrité des citoyens en République démocratique du Congo en développant des stratégies de lutte contre la corruption et en plaidant pour la responsabilisation.

Rejoignez-nous dans ce grand combat, afin de donner à la République démocratique du Congo la place qu’elle mérite dans le monde.

Merci !